Silvana Mc Nulty est née en 1995 à Paris. D’origine grecque, suisse et anglaise, la jeune artiste façonne la matière brute pour la reconduire vers des formes épurées, tantôt comme un orfèvre, tantôt comme un artisan, parfois comme un enfant. Ainsi, après avoir étudié la création de bijoux à Londres (d’abord à la Blake School, ensuite à la Holts academy of Jewellery), puis à l’AFEDAP de Paris, Silvana Mc Nulty s’interroge davantage sur le devenir sculpture ou le devenir objet de ses créations et poursuit ses études à la Rietveld Academy d’Amsterdam. Son travail, comme façonné au gré de ses cinq sens, évolue vers le monde extérieur, à travers des techniques nouvelles, qu’elle invente parfois, mais surtout à la rencontre d’autres corps et de l’espace qui les entoure. Aujourd’hui, elle mène à bien ses recherches sur la matière et la forme à l’École Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg.



CONTACT

silvana.mcnulty@hotmail.fr
@silvana_mcnulty_







Textiles, métaux, perles, et même savon ou cheveux. Sur le sol, suspendu, accroché au mur, dans le creux de la main. Bijou, sculpture, chose. L’objet créé par Silvana Mc Nulty imite le monde qui l’entoure. En tant que rappel ou répétition, son sens le dépasse à peine. Il est léger. Il a la transparence pour lui. Il désigne ce qui nous précède ou souligne une évidence.

Comme un calque sur la vie, c’est lui qui révèle ce que le quotidien a de plus précieux, sans jamais trop en dire. Une lampe, un t-shirt, un haricot. Ou plutôt, de la lumière, un contact, une forme qui se trouvait là, tapie dans la nature, en retrait. C’est un trompe-l’œil sans malice. Car les créations de Silvana Mc Nulty nous rapprochent de notre environnement. Elles font la liaison entre la chair et l’inerte, la couleur et le silence. Elles existent par l’intermédiaire d’un regard, d’un questionnement, d’un geste — elles sont le squelette d’une pensée.

Osselets ou grigris, pierres précieuses, ex-votos, totems, reliques. À la fois primitifs et raffinés, confectionnés dans le temps et pour l’espace, ces objets ont tout l’air d’avoir poussé dans le monde. Sous forme de bas-relief, entre les plis d’un pullover, tout contre la peau, ils bourgeonnent ici et là. Matériaux et textures, toujours, se font corail — barrière vivante entre le monde et moi.



Lola Levent